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Murmure

Phare Renaissance · Patrimoine mondial · 1584 — 1611

Le Phare de
Cordouan

Estuaire de la Gironde · Le Verdon-sur-Mer

Coordonnées
45.586°N · 1.172°O
Période
1584 — 1611 · rehaussé 1789
Architecte
Louis de Foix
Site
Plateau de Cordouan, en pleine mer
Le phare de Cordouan dressé sur son plateau rocheux dans l'estuaire de la Gironde
Photo : Thibault Grouas, GPL · Wikimedia Commons

The story

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C'est un palais Renaissance — avec chapelle consacrée, appartements royaux, ornements sculptés — qu'on a construit en pleine mer. Et qu'on ne peut visiter que deux heures par jour, quand la marée le permet.

Il y avait déjà eu une tour, au Moyen Âge, sur ce haut-fond fatal entre Royan et la pointe de Grave : le Prince Noir, en 1360, en fit ériger une première version pour guider les navires vers Bordeaux. Mais c'est en 1584 que commence le chantier qu'on voit aujourd'hui. Henri III veut un phare qui dise la grandeur du royaume ; il en confie la conception à Louis de Foix — l'ingénieur-architecte qui aura aussi œuvré au Louvre. Le programme est inouï pour un phare : une chambre du Roi, une chapelle, des escaliers monumentaux, des colonnes corinthiennes, des frises sculptées. Les chantiers du Roi sur la mer.

Le problème, c'est la mer, justement. On ne peut travailler que quelques heures par marée basse, et seulement par beau temps. Il faut faire venir les pierres par bateau, les hisser, les sceller avant que l'eau ne remonte. Le chantier dure vingt-sept ans : 1584-1611. Quand il s'achève, Louis de Foix est mort. Au XVIIIᵉ siècle, on rehausse l'édifice — l'ingénieur Teulère lui ajoute la haute tour ronde qui le rend reconnaissable, le faisant culminer à 67 mètres. Les ornements Renaissance restent, en dessous, comme un palais miniature flottant entre les vagues.

Aujourd'hui Cordouan est automatisé, mais ce sont longtemps des gardiens qui y vivaient — c'était l'un des derniers phares français habités. On y accède en zodiac, à marée basse, par groupes ; on monte les 311 marches, on visite la chapelle, on redescend en regardant l'eau remonter doucement vers l'embarcadère. Inscrit à l'Unesco en 2021, c'est le plus vieux phare français encore en activité — et l'un des très rares au monde dont l'architecture revendique l'élégance autant que la fonction. Il éclaire la nuit. Le jour, il se laisse regarder.

Voice: voice clone of Michel-Marie Maudet (Qwen-TTS synthesis) — the final version will be recorded in studio.

C'est un palais Renaissance — avec chapelle consacrée, appartements royaux, ornements sculptés — qu'on a construit en pleine mer. Et qu'on ne peut visiter que deux heures par jour, quand la marée le permet.

Il y avait déjà eu une tour, au Moyen Âge, sur ce haut-fond fatal entre Royan et la pointe de Grave : le Prince Noir, en 1360, en fit ériger une première version pour guider les navires vers Bordeaux. Mais c'est en 1584 que commence le chantier qu'on voit aujourd'hui. Henri III veut un phare qui dise la grandeur du royaume ; il en confie la conception à Louis de Foix — l'ingénieur-architecte qui aura aussi œuvré au Louvre. Le programme est inouï pour un phare : une chambre du Roi, une chapelle, des escaliers monumentaux, des colonnes corinthiennes, des frises sculptées. Les chantiers du Roi sur la mer.

Le problème, c'est la mer, justement. On ne peut travailler que quelques heures par marée basse, et seulement par beau temps. Il faut faire venir les pierres par bateau, les hisser, les sceller avant que l'eau ne remonte. Le chantier dure vingt-sept ans : 1584-1611. Quand il s'achève, Louis de Foix est mort. Au XVIIIᵉ siècle, on rehausse l'édifice — l'ingénieur Teulère lui ajoute la haute tour ronde qui le rend reconnaissable, le faisant culminer à 67 mètres. Les ornements Renaissance restent, en dessous, comme un palais miniature flottant entre les vagues.

Aujourd'hui Cordouan est automatisé, mais ce sont longtemps des gardiens qui y vivaient — c'était l'un des derniers phares français habités. On y accède en zodiac, à marée basse, par groupes ; on monte les 311 marches, on visite la chapelle, on redescend en regardant l'eau remonter doucement vers l'embarcadère. Inscrit à l'Unesco en 2021, c'est le plus vieux phare français encore en activité — et l'un des très rares au monde dont l'architecture revendique l'élégance autant que la fonction. Il éclaire la nuit. Le jour, il se laisse regarder.

Le saviez-vous

La chapelle du phare est officiellement consacrée. On y a célébré des mariages — quelques-uns par an — et même des baptêmes. C'est probablement le seul lieu de culte catholique en activité construit, dans son entier, au beau milieu de l'océan.

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