Cité fortifiée · Patrimoine mondial · IIIᵉ — XIXᵉ s.
La Cité de
Carcassonne
Carcassonne · Aude
故事
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C'est la forteresse médiévale parfaite. Trop parfaite : une bonne partie de ce que vous voyez date du XIXᵉ siècle.
Le site est fortifié depuis l'Antiquité — les Romains, puis les Wisigoths, puis les vicomtes de Carcassonne, les Trencavel, qui résistent à la croisade contre les Albigeois en 1209. Saint Louis et Philippe le Hardi en font ensuite une place forte royale, avec sa fameuse double enceinte : deux murailles concentriques, des lices entre les deux, une cinquantaine de tours. Imprenable. Puis le traité des Pyrénées (1659) recule la frontière vers le sud, Carcassonne n'est plus en première ligne, et la Cité s'endort doucement. Au XIXᵉ siècle, elle tombe en ruine ; on parle même de la démolir pour récupérer les pierres.
Entre en scène Eugène Viollet-le-Duc — le même architecte qui « restaure » Notre-Dame de Paris, Pierrefonds et tant d'autres. À partir de 1853, il relève les courtines, recoiffe les tours, et leur ajoute ces toits pointus en ardoise qui font tout le charme de la silhouette… et qui n'ont jamais existé dans cette région : le Languedoc avait des toitures basses en tuile. C'est une forteresse médiévale rêvée par un homme du XIXᵉ siècle, autant qu'une forteresse médiévale tout court.
Faut-il s'en désoler ? Pas sûr. Sans Viollet-le-Duc, il ne resterait probablement qu'un tas de cailloux. Et cette part d'invention fait partie de l'histoire du lieu, désormais : la Cité raconte aussi comment le XIXᵉ siècle s'est mis à aimer le Moyen Âge — et à le redessiner à sa façon. Quand vous franchissez la porte Narbonnaise, regardez bien : vous entrez dans deux époques à la fois.
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C'est la forteresse médiévale parfaite. Trop parfaite : une bonne partie de ce que vous voyez date du XIXᵉ siècle.
Le site est fortifié depuis l'Antiquité — les Romains, puis les Wisigoths, puis les vicomtes de Carcassonne, les Trencavel, qui résistent à la croisade contre les Albigeois en 1209. Saint Louis et Philippe le Hardi en font ensuite une place forte royale, avec sa fameuse double enceinte : deux murailles concentriques, des lices entre les deux, une cinquantaine de tours. Imprenable. Puis le traité des Pyrénées (1659) recule la frontière vers le sud, Carcassonne n'est plus en première ligne, et la Cité s'endort doucement. Au XIXᵉ siècle, elle tombe en ruine ; on parle même de la démolir pour récupérer les pierres.
Entre en scène Eugène Viollet-le-Duc — le même architecte qui « restaure » Notre-Dame de Paris, Pierrefonds et tant d'autres. À partir de 1853, il relève les courtines, recoiffe les tours, et leur ajoute ces toits pointus en ardoise qui font tout le charme de la silhouette… et qui n'ont jamais existé dans cette région : le Languedoc avait des toitures basses en tuile. C'est une forteresse médiévale rêvée par un homme du XIXᵉ siècle, autant qu'une forteresse médiévale tout court.
Faut-il s'en désoler ? Pas sûr. Sans Viollet-le-Duc, il ne resterait probablement qu'un tas de cailloux. Et cette part d'invention fait partie de l'histoire du lieu, désormais : la Cité raconte aussi comment le XIXᵉ siècle s'est mis à aimer le Moyen Âge — et à le redessiner à sa façon. Quand vous franchissez la porte Narbonnaise, regardez bien : vous entrez dans deux époques à la fois.
Le saviez-vous
À sa mort, en 1879, Viollet-le-Duc n'avait pas fini le chantier. Son élève Paul Boeswillwald a continué — en revenant sur certains des partis pris les plus contestés du maître. La Cité telle qu'on la visite est donc le travail de deux architectes du XIXᵉ siècle, qui n'étaient pas toujours d'accord.
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